Mères et filles : quelques couples célèbres
Quoi de plus complexe que la relation qui unit mère et fille. Entre passion commune et retrouvailles, mais aussi jalousie et abandon, quelques mères et filles célèbres ont des histoires étonnantes.

Maria Riva et Marlène Dietrich / Marie et Irène Curie - Droits réservés
Les histoires entre mères et filles ne datent pas d’hier. La mythologie grecque, déjà, raconte la légende de Déméter, déesse de la fertilité, et de sa fille Perséphone. Toutes deux s’adorent et ne se quittent jamais. Mais, hélas, Hadès, Dieu des Enfers, enlève Perséphone pour l’épouser. Déméter est désespérée. Après d’âpres négociations avec Zeus, celui-ci accorde à Déméter de retrouver sa fille la moitié de l’année, à partir du printemps et jusqu’au début de l’automne. Mais chaque année, lorsque Perséphone retourne aux Enfers, Déméter arrête ses semences et le sol demeure stérile : c’est ainsi qu’est née la saison d’hiver.
Mme de Sévigné a elle aussi voué un amour sans bornes à sa fille Mme de Grignan. Entre 1671 et 1696, elle a écrit plus de 2600 pages à sa fille bien-aimée qui a quitté Paris pour rejoindre son mari en Provence. Mme de Grignan était froide et réservée, tandis que sa mère avait besoin de plaire. C’est finalement à travers leur correspondance qu’elles ont gommé leurs différences et sont parvenues à se dire qu’elles s’aimaient.
La complicité entre mère et fille peut aussi être immédiate et totale : Marie Curie et Irène Joliot-Curie ont suivi des parcours similaires et ont consacré leur vie à la recherche physique fondamentale. Irène a d’abord été l’élève, puis l’assistante de sa mère dans son laboratoire. Elle a ensuite poursuivi ses recherches. Toutes deux titulaires du prix Nobel, toutes deux mariées avec un scientifique, elles décèdent de la même maladie (la mère en 1934 et Irène en 1956) : une leucémie due aux trop nombreuses expositions radioactives.
Les relations célèbres entre mères et filles ne sont pas toujours sans orage… Camille Claudel et sa mère ont ainsi eu des rapports difficiles, tout d’abord à propos du choix de carrière de Camille, puis de sa liaison avec Rodin. Enfin, son internement a été décidé par sa mère. Et malgré les avis médicaux préconisant la sortie de Camille de l’asile, sa mère refusera catégoriquement de faire libérer sa fille, la laissant dans l’isolement le plus total.
Mais parfois les filles se vengent de la tyrannie d’une mère : Maria Riva, fille de Marlène Dietrich, a attendu la mort de sa mère pour publier une biographie assassine de celle qu’elle juge froide, calculatrice, monstrueuse…De même, Romy Schneider s’est libérée de l’emprise de son impresario de mère Magda, en refusant de tourner un quatrième Sissi. Romy partit faire carrière à Paris, où elle rencontra Alain Delon. Magda Schneider détestait Delon, ce qui a permis à Romy de couper définitivement le cordon avec une mère omniprésente.
Pour aller plus loin…
Des essais
- Mères-filles, une relation à trois, de Caroline Eliacheff et Nathalie Heinich, Livre de Poche
- Entre mère et fille : Un ravage, de Marie-Magdeleine Lessana, Hachette Littératures
- Mère et fille, l’amour réconcilié, de Isabelle Yhuel et Alain Guy, J’ai lu
Des récits, des romans…
- Vivre avec elle, mère et fille racontent, de Maryse Vaillant et Judith Leroy, Ed. La Martinière
- Une femme, de Annie Ernaux, Folio Gallimard
- Pourquoi ma mère me rend folle, de Françoise Laborde, J’ai lu
- Le secret de ma mère, de Emmanuelle Boysson, Presses de la Renaissance
- Marlène Dietrich par sa fille, de Maria Riva (en deux tomes), J’ai lu
Amandine Desmaison











