Paroles de patients: un nouveau prix littéraire

visuel bocalLe deuxième prix  “Paroles de patients” a été décerné le 17 novembre à Paris. Parrainé par le Leem (Les Entreprises du Médicament), il récompense un récit ou un témoignage de personne atteinte part une maladie. Prima était représenté dans le jury. Il était difficile de choisir entre toutes ces paroles de patients, témoignages bouleversants d’histoires de vie fracassées. C’est “Le syndrome du bocal” de Claude Pinault (Buchet-Chastel) qui l’a emporté, à l’issue d’une sélection qui comportait  douze livres au départ et quatre finalistes au dernier tour. C’est le ton décalé et plein d’humour de Claude Pinault qui a fait la différence. Une manière élégante et poignante à la fois de raconter les quelques mois pendant lesquels sa vie a basculé.

“Le Dernier verre” d’Olivier Ameisen (Denoël) est le récit âpre et édifiant d’un homme brillant à qui la vie souriait,  de ceux dont on dit “Il a tout pour être heureux” et qui s’est pourtant autodétruit en se noyant dans l’alcool. Jusqu’au jour où il trouve la molécule non commercialisée qui finit par le sauver.

“Mon Père a un cancer” de Gabs (Editions La Martinière) est une BD émouvante sur le thème du cancer

“Bonjour, ma douce vie” de Sybille Claudel (Grasset) est le témoignage d’une jeune comédienne dont la rage de vivre a fini par vaincre le cancer. Elle ne nous épargne rien,  des effets secondaires de sa chimio à son incapacité de travailler, d’aimer jusqu’à la guérison. Mais, curieusement, ce n’est pas un livre déprimant. Au contraire, on s’attache à cette jeune femme qui lutte, véritable boule de souffrance qui conserve sa dignité et a su trouver les mots pour faire d’une tragédie personnelle une véritable oeuvre de littérature.

“Le syndrome du bocal’ de Claude Pinault (Buchet-Chastel), le gagnant, donc.  Pas facile, de faire sourire de ses souffrances. C’est le propre et la grandeur de l’humoriste. Réveillé une nuit par une otite violente, Claude Pinault se retrouve tétraplégique en quelques heures. Enfermé à l’intérieur d’un corps qui ne répond plus, prisonnier d’un “bocal”, il apprend le nom de sa terrible maladie: le syndrome de Guillain Barré. Une maladie qui affecte les nerfs et peut conduire à la mort. Il aurait pu ne pas en sortir, rester à tout jamais une poupée de chiffon. Il raconte avec un humour féroce et une énergie admirable son combat pour redevenir un “homme-debout”. On ne sort pas indemne de cette lecture qui rappelle à quel point la santé est un bien précieux et montre la force de la volonté et du psychisme. Claude Pinault est, de surcroît, un homme courtois qui rend hommage à son entourage – femme, enfants et personnel soignant. Une manière élégante de nous rappeler que lorsqu’ils souffrent, nos proches ont un infini besoin de notre présence et de notre amour.

Danièle Laufer

19 novembre 200920:47
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