C’est la fête aux Puces

Chantal Thomas, célèbre créatrice de mode, chineuse avertie

Chantal Thomas, célèbre créatrice de mode, chineuse avertie

Ce week-end, (du 8 au 11 octobre), c’est le 4ème Mondial de l’Antiquité aux Puces de Paris Saint-Ouen. Mais, les Puces, c’est bien toute l’année  ! Suivons notre reporter “au cul du camion”…

• « Tu vois quelque chose, toi ? » C’était une idée du président des Puces, Nicholas Moufflet. Convier les journalistes avant potron-minet pour assister au grand déballage qui précède ce qu’on appelle pompeusement le Mondial de l’Antiquité, quatrième du nom.

•Six heures. Nuit noire, pavés mouillés et ombres furtives. Dix, vingt, cent camions entrouvrent leurs portes. Le bric-à-brac à l’intérieur est balayé par des lampes torches. On se bouscule gentiment. On rigole. On est entre marchands. Tout le monde se connaît, ici.

•Attention, on regarde, mais on touche pas ! Pas de transactions avant sept heures. C’est la règle (écrite nulle part). Tu parles. Les billets changent de main à toute vitesse. Je ne sais même pas ce que le gars a acheté. Moi, c’est simple, je n’ose même pas allumer ma torche. A l’arrière d’une fourgonnette, une statue grecque soulève son voile et nous regarde fixement.

•T’as vu les prix ? Côté affaire, faut se battre. Ce mignon globe terrestre ancien a déjà son étiquette : 380 euros. C’est plus cher qu’à l’Hôtel Drouot ! Mais cet incroyable pot à tabac anglais à double visage, annoncé 80 euros, chance de main pour 50. A midi, il sera en boutique à 150 ( ?) Philippe Pellerin, président de l’Amicale des marchands de Vernaison fait le malin : « Il me faut… allez, dix secondes pour renifler un camion et voir s’il y a quelque chose d’intéressant. Bon, je peux laisser passer un truc et c’est le suivant qui fait la bonne affaire. C’est le jeu. »

A sept heures, la camelote change de main au grand jour, même s’il fait encore nuit. Et lorsque le jour se lève enfin, tout est dit. Le marché officiel peut commencer. « Quand un objet entre en magasin, il doit être consigné avec son prix dans le livre de bord, explique Marie-Dominique Tabard, l’attachée de presse. Et ce qui reste dehors, sur les étals ? « Aujourd’hui, c’est spécial. Il y a des marchands qui viennent d’un peu partout, il faut bien qu’ils s’installent quelque part…». Jusqu’à dimanche soir, tout le quartier est piétonnier. La « plus grande brocante du monde » – 1 800 exposants – attend son demi million de visiteurs.

Au cul du camion, c’est chaque vendredi aux Puces.

Marie-Dominique ouvre son carnet d’adresses pour Prima

L’Entrepôt, l’Usine, Jules Vallès, le Passage, Paul Bert, Serpette, Rosiers, Cambo, Biron, Antica, Vernaison, Malik, Dauphine, Malassis, Marie-Do nous pilote dans le dédale des quatorze marchés des Puces.

Commencez par Jules Vallès. La marchandise est dans son jus, sortie tout droit du grenier de grand mère. Ici, c’est la biffe et le pucier vous fait la tronche un jour sur deux. Mais vous ferez des trouvailles…

Passez par la rue du Plaisir pour gagner la rue de Lécuyer. Sur 2 000 m2, à la librairie de l’Avenue, collection sans pareil de livres d’occasion, du moins cher au plus coté.

Au marché Le Passage, chez Sarah. Depuis quatre générations, sublimes cotons et dentelles pour customiser vos tenues de soirée…

• Revenez par la rue Paul Bert vers le centre des Puces : goûtez au charme discret du luxe à Serpette. Meubles, tableaux et peintures top qualité chez Olivier D’ythurbide et Benoît Fauquenot. Féminisez votre intérieur en face, à la Maison du Roi.

A Paul Bert, le design est roi. Esprit industriel pur et dur chez Gilles Oudin. Détournement d’objet de rigueur. Squattez Les Merveilles de Babelon, la boutique de Isabelle Klein qui vient de racheter la garde-robe année soixante de Michèle Mercier. Allée 4, une bande de jeunes a remis au goût du jour les cabinets de curiosité, à monter soi-même pour les disciples d’Harry Potter…

• A Dauphine, les meubles haute époque de Michel Klein et chez Beauval Antiquité, les petits tableaux XIX° à prix raisonnable de Sixte de Méneval.

• Finissez par Vernaison, berceau historique des Puces, De tout, un peu et beaucoup. Gravures et lithos anciennes chez Philippe Pellerin. Art africain chez Lucas Ratton, héritier d’une lignée de marchands et collectionneurs célèbres. Empruntez la petite allée pour relooker votre table chez May, qui ose servir le vin dans des verres mesureurs de chimiste… et perdez vous dans le labyrinthe des venelles.

Casse-dalle et grande cuisine

Pour célébrer la thématique de l’année, Art et Gastronomie, 26 chefs ont relevé le défi de marier casse-dalle et grande cuisine. Ca donne un hot-dog de Saint-Jacques et sa moutarde de blé noir. Lapin et foie gras poêlé sur purée de potimaron. Mousse de topinambour au homard et confiture de portapet (?), « chouchi » de truite fumée et crème de raifort, hamburger de foie gras et figues… 20 000 sandwichs vendus 16 euros en duo salé/sucré dans une « Gastro-Box » collector.

Thierry Piantanida

www.Parispuces.com

Blog des Puces : www.pucesdeparis.fr

Métro Porte de Cligancourt (ligne 4) et Garibaldi (ligne 13

8 octobre 200919:48
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