“Sexe, mort et sacrifice” au Musée du quai Branly

Une expo... très instructive ! (Crédit Musée du quai Branly)
Prenez une civilisation du début de notre ère, au nord du Pérou, les
Mochicas. Décortiquez ses rituels hallucinants, ses pratiques sexuelles
pittoresques et vous conviendrez qu’en terme de bizarreries, perversions,
notre société prétendument dépravée n’a rien inventé…
“Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica”, au musée du quai Branly, à
Paris, est un défi à toutes les conventions. Quelque 134 céramiques
magnifiques et très explicites présentent des vases à libation de forme
phallique (on ne peut y boire que par le trou ménagé dans le phallus),
détaillent des scènes de sodomisation (l’homme, debout, agrippe fermement
les fesses de sa partenaire à quatre pattes), de masturbation masculine
(apparemment imposée à la femme), de fellation (l’homme maintenant ou
attirant la tête de son partenaire vers son pénis en érection).
Des femmes copulent avec des animaux, des squelettes, des morts vivants ou
des vivants morts. Des prisonniers s’accouplent contre nature avec des
femmes avant d’être précipités, nus, du haut d’une falaise, égorgés, offerts
aux voutours ou dépecés par des félins…
Mais ici, l’acte sexuel ne renvoie ni au plaisir, ni à la procréation, ni à
la perversion. C’est un rituel propre à garantir l’autorité politique et
religieuse du souverain par-delà la mort, dans une société obnubilée par la
vie dans l’au-delà…
Sexe, mort et sacrifice dans la religion Mochica, au musée du quai Branly,
222 rue de l’Université. Tel 01 56 61 70 00.
Du mardi 9 mars au dimanche 23 mai 2010
8,50 € plein tarif et 6 € tarif réduit
Thierry Piantanida












